La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.
Le gouvernement n’écarte pas l’idée de mettre en place la mesure, proposée par le candidat Nicolas Sarkozy, de Taxe sur la Valeur Ajoutée sociale, qui est constituée de 2 mesures largement indépendantes. Sur le modèle allemand (la TVA est passé chez eux de 16 à 19%), il s’agit de relever le taux déjà élevé de 19,6% de près de 5 points pour compenser une baisse des charges sociales, et donc de transférer une partie du financement de la protection sociale, du coût du travail vers les prix à la consommation.
Revenons d'abord sur le raisonnement économique qui est à l'origine de cette idée de TVA "sociale" :
1/ la TVA est un impôt qui s'applique à tous les produits vendus en France, importés ou produits localement ;
2/ les charges sociales quant à elles ne pèsent que sur les entreprises françaises ;
3/ si donc on diminue les secondes en compensant par une augmentation des premières, on renforce la compétitivité des entreprises françaises, on relance la production et on lutte contre les délocalisation.
Pour ce qui concerne la hausse de la TVA, l'expérience montre que 60 à 70% de l'augmentation de la TVA se répercute effectivement sur les prix à la consommation, ce qui pénalise d'autant le pouvoir d'achat des ménages. Pour les plus pauvres, cela correspondra à des fins de mois encore plus difficiles. Pour tous ceux-là, il sera nécessaire de travailler beaucoup plus (si l'opportunité leur en est donnée) pour simplement vivre moins bien... De plus, la TVA est un impôt indirect, c’est-à-dire ne dépendant pas du niveau de revenu : un millionnaire ou un SDF paye la même taxe sur une baguette de pain. Ce sont donc les plus modestes qui vont payer dans leur vie quotidienne les cadeaux fiscaux accordés aux plus riches.
En ce qui concerne l'allégement des charges patronales (et c'est bien pourquoi il serait en réalité plus juste de parler de TVA patronale, plutôt que "sociale"), ce n'est pas la 1ère fois que la droite s'essaie à cette mesure et ceci toujours sans succès : les salaires ne s'en sont jamais trouvés augmentés, les entreprises françaises n'en ont jamais été plus compétitives. Mais il est vrai que les profits ont pu poursuivre leur augmentation constante.