La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.
Tout le monde connaît la célèbre "Fiat Cinquecento". Quand la firme de Turin présente la 1ère 500, c'est une révolution. Enfin, une bagnole marrante, pas chère, facile à garer. Les Italiens, qui roulent surtout à vélo ou en Vespa, l'adoptent aussitôt. La classe moyenne en fait sa seconde voiture, conduite le plus souvent par la femme du foyer.
Vraie icône, la Cinquecento, avec ses 2,97 mètres de long pour 470 kilos, fait partie du patrimoine de l'Italie. Fiat va en vendre 3,67 millions. En 1975, il arrête la production. Le véhicule n'a pas assez évolué. Ses fuites d'essence et d'huile sont légendaires. Et il ne résiste à aucun crash test.
L'annonce du renouveau de la 500 suscite un grand mouvement de ferveur et d'adhésion. Fiat diffuse les informations au compte-gouttes avec un art consommé du teasing. De la voiture, on sait qu'elle se positionne sur le segment du «néo-rétro» initié par la Beetle de Volkswagen et la Mini de BMW. Planche de bord façon bakélite, volant ivoire, fauteuils bicolores, les designers de Fiat se sont totalement inspirés de l'ADN de la première 500. Les fans sur Internet ont fait le reste le site du constructeur en suggérant des idées pour personnaliser le véhicule. La fabrication est solide et repose sur 3 principes : 1/ la 500 reprend la base de la Panda. 2/ elle est fabriquée dans un pays low cost(la Pologne). 3/ elle partage la même plate-forme que la prochaine Ka de Ford, qui sera produite dans l'usine polonaise en 2008.
Pour la vendre, Fiat évoque le concept de rêve accessible à tous : «La 500 doit être la Mini du peuple». Elle a pour elle l'argument du prix (près de 2 fois moins élevé que la Mini). Le reste relève de la subjectivité du client, qui devra choisir entre 2 modèles au passé prestigieux. Twingo n'est pas dans ce registre et joue froidement la carte de la raison en abandonnant son look décalé aux formes douces et arrondies, mais pas assez vendeur dans le monde. Avec cette transformation de la Twingo en produit banal, voire fade, Renault espère séduire un nouveau public plus européen, plus masculin, et plus jeune.
Entre Twingo et 500, la bataille n'est pas que sur le produit. Aussi sur le degré de sensibilité des clients. A l'émotion ou à la raison.