Une aventure digne de Jules Vernes ! Alors que l’on minimise sans cesse les compétences techniques des Russes, ils réalisent le même type de prouesse que le Spoutnik en 1956. C’est un exploit et Vladimir Poutine va pouvoir distribuer des médailles en grand nombre aux marins ayant participé à l’expédition !
Ce drapeau planté à 4.261 mètres sous la calotte glaciaire, directement à la verticale du pôle Nord est un geste très symbolique. Les Etats-Unis ont bien planté la bannière étoilée sur la Lune, ils n’en ont pas la propriété ! Le Pôle Nord est d’ailleurs sous la surveillance d’un condominium international qui reconnaît aux 5 nations qui possèdent des territoires à l'intérieur du cercle arctique (le Canada, les États-Unis, la Russie, la Norvège et le Danemark) une zone souveraine qui s'avance à 200 milles marins de leurs côtes respectives.
Pour autant, avec cette expédition, la Russie renforce ses prétentions sur un pôle Nord qui est, avec le retrait graduel de la banquise, de plus en plus intéressant économiquement. Tout l'argumentaire russe tourne autour de la géologie de la dorsale de Lomonosov, une chaîne de montagnes sous-marine qui s'étend sur 2.000 kilomètres, en passant par le pôle Nord, les îles de la Sibérie russe ou encore l'île canadienne d'Ellesmere. Moscou cherche à démontrer que cette dorsale de Lomonosov est dans la continuité de sa plaque continentale et est donc l'extension géologique du territoire russe. La mer de Barents a toujours été une région très sensible. Jusqu’à maintenant, elle était presque inaccessible. Durant la guerre froide, les missiles devaient passer par là pour aller frapper l’adversaire.
Depuis la fonte de la calotte glaciaire, le pôle Nord apparaît moins hostile et découvre un fort potentiel. Les 1,2 million de kilomètres carrés litigieux renfermeraient, selon les estimations des scientifiques, au moins 9 milliards de tonnes de gaz et de pétrole. Depuis l'épuisement d'une bonne partie des réserves mondiales de gaz et de pétrole, cette nouvelle réserve génère des convoitises. C'est sans compter sur le fait que ce secteur pourrait bien devenir, grâce au réchauffement climatique, l'une des principales routes maritimes internationales, une sorte de canal de Panama du Grand Nord.
DR ¦ Un drapeau russe au fond de l'océan au pôle Nord, le 2 août 2207.