La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.
L’expérience des frères Montgolfier devant le roi Louis XVI en 1783 fut une 1ère mondiale en matière d'aérostats. Mais bien qu’ayant marqué l'histoire aérienne et les esprits par leur massive silhouette en forme de cigare, les dirigeables (appelés aussi zeppelins en référence aux nombreux modèles sortis des usines allemandes du même nom) subissent le 6 mai 1937, un coups d'arrêt de leur utilisation : le Hindenburg amorce sa descente sur le New Jersey aux Etats-Unis en se rapprochant de son pylône d’attache. C’est alors que subitement est constaté un départ d’incendie ! Incontrôlable et consumant à une vitesse terrifiante l’ensemble de l’enveloppe du dirigeable en hydrogène fortement inflammable, le brasier emporte avec lui les passagers et la confiance des voyageurs dans les aérostats de ce type.
60 ans plus tard, presque mois pour mois, en avril 1997, le Zeppelin NT de la société du même nom prend son envol renouant avec une tradition allemande d’excellence en la matière. Bien que plus modeste que ses ancêtres en terme de taille, mesurant tout de même la bagatelle de 75 mètres de longueur, cette nouvelle génération d’aérostat fait surtout appel à une technologie de pointe en matière de pilotage et d’orientation par satellite, tout en ayant opté pour une structure semi-rigide à l'hélium qui présente l’énorme avantage de ne pas être inflammable. Les russes redécouvrent eux-aussi l’intérêt des dirigeables et se sont aussi lancés dans la production de plusieurs types d’aérostats.
Les vitesses sont en augmentation constante, le Zeppelin NT pouvant par exemple approcher les 125 km/h et les projets Russes en cours comme le DZ-N1 évoquent 170 km/h. Certes, cela restera toujours inférieur à la vitesse actuelle des avions de ligne, néanmoins celles-ci se révéleront suffisantes pour des utilisations en matière de transport de frêt, de surveillance terrestre/maritime ou touristique. De plus le rayon d’action de ces appareils est loin d’être négligeable : même le Zeppelin NT, qui ne fait pas des longues distances sa spécialité, est capable de parcourir 900 km, le DZ-N1 se targuant lui de pouvoir effectuer des distances de 15.000 km.
C’est un moyen de transport autrement plus écologique que nos actuels Airbus ou Boeing brûlant plusieurs tonnes de kérosène à chacun de leur vol. D’autant que des solutions basées sur la captation de l’énergie solaire ou tout autre énergie renouvelable peuvent aussi être développées. C'est aussi une solution très pratique pour le transport de frêt et notamment des grosses pièces.