Risque accru de leucémie infantile, de cancer du cerveau, d'Alzheimer, désordres acoustiques, problèmes nerveux variés, modification de l'ADN, troubles du sommeil C'est un nouveau message d'alerte que lancent une équipe de scientifiques américains, médecins pour la plupart. Publié vendredi dernier, leur volumineux rapport fait la synthèse des centaines d'études consacrées à l'impact sanitaire des champs électromagnétiques sur l'homme. Il conclut que le déploiement sans entraves des technologies sans fil est vraisemblablement risqué et sera difficile à contrer si la société ne prend pas des décisions rapides portant sur de nouvelles limites d'exposition.
Vous ne pouvez pas la voir, la sentir, la goûter ? La pollution électromagnétique est pourtant l'exposition la plus envahissante à laquelle les êtres humains soient soumis dans les pays occidentaux. Il convient de considérer la somme des expositions à laquelle un individu peut être soumis, qui ne devrait pas dépasser 3 volts par mètre (en aucun endroit et à aucun moment) ... soit 12 fois moins que la recommandation maximale préconisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cart attendre, c'est le credo de l'OMS, dont le discours rassurant est aux antipodes des signes d'inquiétude scientifique lancés depuis bientôt 6 ans (appels de Fribourg en 2002, d'Helsinki en 2005 et de Benevento en 2006). Nouvel écho de ces craintes, le débat sur le possible bannissement des systèmes wi-fi dans les écoles en Grande-Bretagne. De son côté, le gouvernement allemand, vient de déconseiller l'usage du wi-fi à domicile et de préférer autant que possible l'utilisation de solutions filaires traditionnelles.
Le brouillard électromagnétique est de plus en plus dense : les stations-relais sortent partout de terre et avec la téléphonie de 3ème génération, le parc pourrait beaucoup augmenter d'ici la fin de la décennie. Vigilance, donc ? On met l'accent sur les risques du wi-fi, mais, c'est oublier les téléphones numériques sans fil, de type DECT, utilisés chez les particuliers, qui représentent un bien plus grand danger. Cette technologie héritée de l'industrie permet de gérer une dizaine de communications simultanément et émet en permanence, 24 heures sur 24, dans les habitations. Si bien que l'intensité du champ émis est largement supérieure au rayonnement des antennes GSM.
Faut-il dès lors privilégier le bon vieux sans fil ? La prudence doit s'imposer en attendant 2015, date à laquelle le recul sera suffisant pour juger de l'impact global de la téléphonie mobile sur la santé. Et, à défaut de pouvoir interdire certaines technologies comme ces téléphones de type DECT, il serait souhaitable que les constructeurs aient l'obligation d'informer le consommateur quant à la puissance de ces téléphones et autres "baby-phones" sans fil. Avant peut-être un jour d'y voir figurer cette mention : "Cet appareil peut nuire gravement à votre santé".