Suite au suicide de 5 employés de Peugeot sur leur lieu de travail, rien que sur le site de Mulhouse, Christian Streiff, le PDG fraichement arrivé à PSA a eu récemment quelques mots délicieux en marge de la présentation des résultats semestriels du groupe. En gros, ce bel aveu humaniste pouvait se résumer à "Le travail n'est pas à lui seul cause des suicides. Il faut améliorer les conditions de travail, repérer les personnes fragiles et les confier à des spécialistes."
Tout est dit ici de l'autisme avec lequel est traité cette affaire à Peugeot, laissant l'impression que décidément ils n'ont rien compris et que des gens sont mort pour rien. Certes, il faut plus qu'une situation professionnelle compliquée pour en venir à se suicider. Mais tout de même : 5 cas pour la seule usine de Mulhouse, ça vaut un peu plus que "il faut continuer à améliorer les conditions de travail". Ah, parce que c'était pire avant ? Parce qu'un petit aveu de dérive managériale au nom du groupe lui aurait tordu la gueule ?
On ne se suicide pas uniquement à cause du travail mais lorsqu'on le fait sur son lieu de travail, on peut penser qu'il fait partie du faisceau des "raisons" qui peuvent amener des geste aussi déraisonnables. Et on est en droit d'avoir d'autres réponse que celle qui consiste à dire qu'il faut que les suicidaires soient écartés de l'entreprise et pris en charge. Cela s'appelle mépriser son personnel et s'en laver les mains.