La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.
L'éditeur du Monopoly voulait redonner une nouvelle jeunesse à ce jeu de société très populaire, incarnation d'un capitalisme décomplexé. Le boulevard des Capucines, la place Pigalle ou l'avenue Foch doivent donc être remplacés par différentes villes de France. L'éditeur a donc proposé aux internautes de choisir le nom des cases figurant sur la prochaine édition française de son best-seller. Des petits malins ont organisé une campagne pour placer le village de Montcuq en tête des votes.
Le buzz est lancé. Et bientôt, Montcuq se trouve en bonne position, avec près du double des suffrages réunis par le second, Dunkerque. Réaction de l'éditeur sur le site du jeu : depuis le 24 septembre, dans la rubrique "news" on peut lire un communiqué à ce sujet:
"Forte mobilisation en France – CONTINUEZ ! Quinze jours après le lancement de notre site Internet, vous êtes déjà près de 300.000 à avoir voté pour votre ville, chiffre qui dépasse largement nos espérances
Certains profitent également de ce vote pour rendre un bel hommage posthume à l’ami Jacques Martin, mais la partie n’est pas finie : vous avez jusqu’au 10 Octobre pour soutenir les couleurs de la ville de votre choix."
C'est suite au décès de l'animateur Jacques Martin, les internautes ont commencé à voter pour le village rendu célèbre par le sketch de Daniel Prévost, dans l'émission Le Petit Rapporteur, que l'animateur avait créée.
Le maire de Montcuq, Daniel Maury, actuel grand gagnant malgré lui, s'enthousiasme de voir sa ville sur le prochain Monopoly. "Les gens du village commencent à y croire." Il espère surtout que l'éditeur jouera le jeu jusqu'au bout, et que par quelque enchantement Montcuq ne disparaîtra pas du classement dans les prochains jours.
Montcuq est un nouvel exemple de ces "anti-héros" que le public défend mordicus, par espièglerie. C'est ce qui est arrivé lors de la Star Academy 2005, quand le public érigea en vainqueur Magalie, jeune fille ronde, loin des codes de la starlette proprette. Les ventes de disques, hélas, n'ont pas été à la hauteur de l'engouement populaire...