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La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.

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Le Grenelle de l'environnement : poudre aux yeux ou révolution ?

La révolution verte aura-t-elle lieu avant la fin du monde ? En tout cas, elle semble (enfin) engagée. A l'issue de la table ronde finale du Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours pour rendre compte de l'essentiel des mesures annoncées.

Reste à savoir si elles seront vraiment mises en place et si les députés et sénateurs oseront voter cette "révolution". Après les discours, chacun attend les actes.
La poudre aux yeux ne dure qu'un temps...

Car, privilégier des mesures simples et à effet immédiat, cela parait louable mais le risque est réel de privilégier ainsi à nouveau la communication et des solutions superficielles sans lendemains, comme dans le plan Climat 2004 qui comporte pour l’essentiel des mesures gadgets (exemple : promouvoir l’usage du skate en ville), au traitement des problèmes de fond qui imposerait des remises en cause radicales du système de production et d’échanges fort douloureuses pour certains gros pollueurs. De plus les solutions envisagées devront être transposables chez nos voisins et au-delà, car les problèmes environnementaux et particulièrement climatique, ne connaissant aucune frontière.

Ces mesures essentielles sont notamment :

1/ Appliquer à tous le principe pollueur payeur à l'industrie afin d'éviter les transports superflus (j'achète du granit de Chine, donc le prix doit tenir compte de la distance parcourue), à l’habitat (construire sur un grand terrain mais financer la protection d’espaces protégés) ou l’automobile (rouler en 4X4 mais financer la recherche sur des véhicules non polluants). Le principe évite toute interdiction et atteinte directe au mode de vie de chacun mais permet d’en faire payer le véritable coût collectif.


2/ Favoriser le developpements des Transports en Commun (TC):rétablir les crédits pour les TC en site propre qui existaient encore dans le budget de l’Equipement il y a seulement 3 ans et abonder par avenant le volets déplacements des TC (stagnation des crédits de l’Etat qui oblige les Régions, l’Ile de France notamment, à financer 70% des projets TC malgré la faiblesse de leurs ressources fiscales propres et donc sans pouvoir répondre réellement à la demande).

--cologie.jpgN'oublions pas que les transports routiers sont les 1ers responsables de l’effet de serre en France et leur part ne cesse d’augmenter pour atteindre le 33% dans les 5 ans. Or, l’usage des TC plafonne à 10% dans la grande majorité des agglomérations, malgré la congestion croissante des axes de circulation. Car les TC ne sont pas devenus une alternative à l’automobile en qualité de desserte (réseau insuffisamment maillé), temps de transport (en moyenne rarement meilleur ou égal), et confort pour l’usager. Il faut donc passer un cap qualitatif et ne plus masquer les insuffisances derrière de rares opérations de prestige (quelques dizaines de km de tramway tous les ans face à un réseau routier de centaines de milliers de km dans les seules agglomérations). Il faut inverser les priorités budgétaires de la route vers les TC et développer un vaste réseau de TC en site propre sur route, réseau interconnecté à l’échelle des régions urbaines, seule solution rapide et à moindre coût (comme désormais à Los Angeles) et garantir un service public minimum dans les zones rurales.

Il convient enfin de développer des TC, en préalable à tout projet d’urbanisation :  actuellement, la majorité des nouvelles habitations ne sont pas desservies par un réseau de TC à proximité. En grande périphérie des villes ou en zone rurale, là où on construit le plus désormais, ce sont les gens les plus modestes qui sont ainsi rendus totalement dépendants de l’automobile alors que son usage à un coût abordable n’est pas assuré au-delà de 10 ans.


3/
Doubler le ferroutage dans la décenie  : Car depuis des années, on promoit le transport de marchandises sur fer, mais sans nouveaux investissements, et dans le même temps, la libéralisation toujours plus grande du transport routier. D’où une chute du fret ferré : seulement 3% du tonnage de marchandises transporté en France. L’échec du fret est lié à la faiblesse du réseau, l’insuffisance du nombre de plateformes, la lourdeur de la gestion, mais aussi au subventionnement indirect du transport routier, qui ne paye qu’une faible partie des infrastructures et de leur entretien. Mais le fret ferré peut devenir une solution réellement performante, y compris économiquement, si la concurrence n’est plus faussée et si son réseau et sa gestion sont modernisés.


4/ Donner la priorité aux véhicules propres en ville
: Parce que les pollutions urbaines (dioxyde, particules, stress, bruit) tuent plus de 10.000 citadins dans les grandes agglomérations françaises. Permettre un accès privilégié aux centres urbains aux véhicules peu polluants, peu sonores et de petite taille est une solution indispensable en complément aux TC, lesquels ne pourront jamais couvrir la totalité des besoins des citadins. La priorité absolue aux TC sera d’autant plus acceptée que l’automobile ne sera pas totalement chassée mais adaptée. Cette priorité peut s’organiser aisément, non par des péages urbains pour tous, qui pèsent sur les plus pauvres et incitent à l’étalement urbain, mais par des taxations nettement plus favorables aux véhicules non polluants, un prix de stationnement bien moindre. De plus, l’accès aux quartiers centraux, les plus exposés, pourrait être réservé aux véhicules non polluants...


5/ Une politique d’habitat durable pour tous :  on construit très peu, très cher (coûts fonciers multipliés par 3 en 10 ans !), surtout en individuel (hormis dans les quartiers sensibles), et principalement en diffus, hors des agglomérations. C’est un placement tellement rentable que le facteur principal de construction n’est plus l’initiative publique et concertée mais la cession à des fins de réalisation de plus values parfois colossales et jamais taxées, les coûts d’aménagement en France étant quasiment en totalité à charge des collectivités. L’alternative : mobiliser le foncier disponible près des centres et réseaux de transport, et dans des extensions urbaines organisées et reliées en TC. Faciliter les acquisitions de terrains à aménager par des procédures simplifiées d’acquisition publique des terrains vacants, introduire une fiscalité pénalisante pour les terrains urbanisables non bâtis, et ainsi lutter contre la rétention foncière, produire plus de logements, et surtout des logements proches de tous les services. Cela permettrait également de baisser les prix par simple rééquilibrage du marché, une fois celui ci alimenté de nombreux logements dans toutes les gammes de prix.

Il serait interesant de favoriser la construction de logements bénéficiant des prestations du logement individuel (entrée et parking individuels, terrasse ou petit jardin), mais avec des densités proches du collectif pour consommer moins d’espace. La France n’encourage en rien ce type de production, ignoré y compris par les prêts bancaires, alors que l’Etat, intervenant directement ou indirectement dans le financement de 40% des logements aurait toute possibilité de bonifier les constructions les plus durables, bien sûr au titre du rendement énergétique mais aussi de l’espace total consommé, comme de la proximité des TC.
grenelle-envirronement.jpg

6/ Refonder une politique énergétique durable : La politique énergétique de la France est pour l’essentiel orientée depuis 1945 vers l’impératif de production et l’objectif d’autonomie énergétique
(atteint grâce au nucléaire). Dès cet objectif atteint, les économies d’énergie n’ont jamais été réellement recherchées (à la différence de nos voisins comme les allemands) et les énergies alternatives (solaire, éolien, biomasse) jamais encouragées.

Al
ors que la menace climatique était déjà identifiée et la pénurie d’hydorcarbures déjà annoncée, l'Etat doit affecter les moyens de pédagogie, de soutien à la recherche et de subventionnement, notamment pour aider à l’isolation des bâtiments anciens, le parc logement ne se renouvelant qu’au rythme de 1% par an. Les énergies renouvelables doivent bénéficier d’une fiscalité nettement plus attractive, les filières structurées et la recherche fortement encouragée, notamment dans le cadre du nouveau crédit d’impôts recherche.


7/ Soutenir l’agriculture durable pour une alimentation saine et une biodiversité préservée par un frein aux OGM, une
interdiction des pesticides les plus dangereux,la revalorisation des prix de vente grâce à une qualité accrue et des subventions européennes réorientées vers la qualité des produits et l’entretien de la nature.


8/ Doubler la superficie des espaces naturels protégés, pour maintenir la biodiversité. En France, seulement 10% des espaces naturels bénéficient d’une protection quelconque alors que les forêts occupent à elles seules 30% du territoire. Bien que dotée d’un patrimoine naturel exceptionnel, et de plus de 1000 km de façades maritimes, la France ne protège qu’une faible partie de son territoire.



Pour conclure, ce n'est pas tant l'écologie en soit qui est un luxe mais l'écologie industrielle. Par exemple, optimiser son utilisation d'eau et d'électricité, éviter de régler son chauffage à 35°C, ne pas jeter n'importe quoi dans la nature, celà ne coûte rien. En revanche, développer des technologies moins polluantes, des matériaux recyclables, de nouvelles techniques pour produire de l'énergie (les nanotechnologies), cela, effectivement, demande de lourds investissements, mais qui en valent la peine.

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