La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.
Les entreprises ont profité de la maîtrise de l'inflation dans les années 90 pour imposer une rigueur salariale, avec des augmentations faibles et souvent inférieures à l'inflation. La mise en place des 35h a servi de prétexte à un durcissement de cette politique, alors que les gains de productivité imposés ne justifiaient en rien cette pratique.
Car si les salaires augmentent peu, pire, on crée beaucoup d'emplois mal payés et les embauches des salariés peu qualifiés se font autour du Smic. La faute à la politique reconduite depuis plusieurs gouvernements d'exonérations de charges sociales sur les bas salaires afin d'inciter à embaucher des emplois peu qualifiés : la France est championne du niveau de Smicards (15%), alors que les autres pays riches (Grande Bretagne, Etats-Unis, Pays Bas, etc) cette proportion de Smicards est de 1 à 2% seulement. Du coup la France est un pays égalitaire, mais où les revenus sont concentrés dans le bas de l'échelle. Du fait de la forte progressivité des cotisations sociales autour du Smic, un employeur y regarde à 2 fois avant d'augmenter un salaire, car le coût du travail augmente proportionnellement plus vite. Conclusion : lorsqu'on est au Smic, on a de grandes chances d'y rester.