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La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.

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Ratatouille réchauffe les relations entre Etats-Unis et France

ratatouille.jpgLe dernier succès du dessin animé Ratatouille remet au goût du jour, aux Etats-Unis, la cuisine française et les clichés sur Paris. C'est l'histoire de chats et de souris, français et américains. Et de la transformation de Walt Disney en allié involontaire d'une France qui cherche à améliorer son image aux Etats-Unis.

 

Alors même que Paris renoue avec les touristes américains et que Nicolas Sarkozy rompt avec ses prédécesseurs en allant passer ses vacances dans le New Hampshire, Etat plus connu pour ses primaires que pour ses charmes estivaux, voilà que Ratatouille débarque sur les écrans. C'est le 2ème film Disney situé en France, après Les Aristochats, en 1970 ; et, à nouveau, cette sortie coïncide avec une période de réchauffement des relations bilatérales, après le refus de la France de soutenir l'invasion de l'Irak. Les Aristochats sont à Pompidou ce que sont à Sarkozy les aventures de Rémy le rat cuisinier. Dans Les Aristochats, le voyage d'O'Malley, de Duchesse et de ses trois rejetons, de la campagne française jusqu'à la capitale, a fait découvrir aux petits Américains les merveilles de ce Paris canaille et distingué qui à lui seul justifie qu'on ne se fâche pas trop avec les Français. C'est ce qu'avait bien compris Walt Disney, comme avant lui ses compatriotes Benjamin Franklin, Ernest Hemingway, Henry James ou Gene Kelly.

 

les-aristochats.jpgL'effet Ratatouille sur les relations franco-américaines est peut-être anecdotique, au même titre que les vacances américaines de Nicolas Sarkozy. Toutefois, il n'est pas de relations bilatérales plus versées dans l'anecdote que celles qui unissent Français et Américains, et ce depuis que les 1ers ont fourni armes et hommes à la révolte qui devait aboutir à l'indépendance des seconds. 

Lorsque le général de Gaulle a demandé à Washington de fermer ses bases militaires et décidé de pratiquer la politique de la chaise vide à l'OTAN, en 1966, un représentant américain lui aurait demandé, sarcastique, s'il voulait aussi que soient rapatriés les morts enterrés dans les cimetières de Normandie. Que l'anecdote soit vraie ou non, il n'en reste pas moins que son successeur, Georges Pompidou, avait dû s'efforcer de panser les plaies. Sa présidence est d'ailleurs vue comme une période de conciliation avec Washington.


Le dessin animé, dont le titre réunit avec astuce le plat provençal et le héros à museau pointu, regorge de stéréotypes sur la France, comme le chef hystérique à la fine moustache ou le critique gastronomique impitoyable. Mais la vision qu'il donne de Paris présente un irrésistible attrait. Les étrangers qui aiment Paris (et la France), c'est parce que la 1ère fois qu'ils y sont allés, ils ont mieux mangé que jamais auparavant.

Aux Etats-Unis, l'intérêt pour la cuisine française que suscite le film chez certains enfants est remarquable, comme ceux qui, à Seattle, participent à un cours où ils apprennent à préparer les plats du dessin animé. Les vertus apaisantes de Ratatouille sont visibles également dans l'autre sens. Les Américains reviennent ainsi sur leurs réactions hystériques de 2003, qui avaient notamment vu le Congrès supprimer le mot "french" des "french fries" [frites] dans ses cantines. De l'autre côté, l'orgueil des Français se trouve ragaillardi par ce film qui parle d'eux et bénéficie d'une diffusion planétaire.


  Ratatouille mise donc sur la reconnaissance du ventre, un pari peu risqué dans un pays comme les Etats-Unis, où le film a récolté 200 millions de dollars lors des six premières semaines ; idem en France, où Ratatouille est le dessin animé ayant fait les débuts les plus fracassants de l'histoire, avec plus de 400.000 spectateurs le jour de sa sortie.

 

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