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La vie est trop sérieuse pour ne pas en rire.

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Nicolas Sarkozy défenseur de l’irresponsabilité pénale pour les milieux d’affaires

En déclarant le 30 août, à l’occasion de l’université du Medef, vouloir “mettre un terme” à la pénalisation du droit des affaires, Nicolas Sarkozy a fait plus que créer une polémique. Il a adressé un signe fort aux milieux d’affaires et au reste de la société. La délinquance en col blanc, au prétexte qu’elle relèverait du goût du risque et d’entreprendre, ne devrait plus être, contrairement à la délinquance ordinaire, sanctionnable pénalement. Rachida Dati, ministre de la Justice, a été invitée à faire rapidement des propositions en ce sens.


rencontre-sarko-medef.jpgOn savait Nicolas Sarkozy héraut d’une nouvelle droite, totalement décomplexée. Pour autant nul n’aurait osé prédire que le plus haut responsable d’un Etat de droit aille jusqu’à prôner, au nom du droit d’entreprendre, l’irresponsabilité pénale de
patrons “indélicats” qui auraient détourné l’intérêt social de leur entreprise au profit de leur intérêt personnel. Pendant ce temps, il durcit sans cesse son propos et la législation contre les plus faibles.

  
 

Et pourtant, il y a aujourd'hui en France une pénalisation extrêmement faible du droit des affaires en comparaison avec la justice américaine. Le maintien d’une régulation pénale du monde des affaires apparaît indispensable afin que ceux qui franchissent la ligne rouge soient sanctionnés. Le projet de Sarkozy met un sérieux coup de canif à un principe de base de toute démocratie : une justice égale pour tous. Le sujet a beau être d’importance, hormis quelques entrefilets, il a été étrangement peu repris par la plupart des médias.


Nicolas Sarkozy est un président qui aime la réussite et les gens qui réussissent. Il connaît personnellement tous les grands patrons (Bolloré, Arnault, Lagardère, Decaux, Betancourt, Pinault...) et entretient avec eux des relations étroites et ambiguës dignes d’un système de cour dans lequel ces princes de la finance cherchent à s’attacher sinon les faveurs au moins la bienveillance de ce puissant. Homme politique paradoxalement populiste au style proche de Berlusconi, il a pu compter sur leur soutien sans faille aussi bien avant que pendant et après la campagne présidentielle. On peut se demander si l’actuel locataire de l’Elysée serait le président des patrons, avant d’être celui de l’ensemble des Français ?

  
 
Dominique Desseigne, PDG du groupe Barrière, l’avait hébergé plusieurs mois dans l’une de ses luxueuses villas pendant la campagne. En remerciement, la victoire électorale du 6 mai a été célébrée dans les salons du Fouquet’s, propriété du groupe. Dans le même style, personne n’a oublié l’épisode maltais sur le yacht de Vincent Bolloré qui n’avait pas hésité également à prêter son avion personnel. Simple geste amical ? Le doute est permis au regard des importants intérêts que possède le groupe éponyme en Afrique. Un continent sur lequel l’Etat français joue depuis des décennies un jeu politico-économique des plus troubles. Le séjour américain de la famille Sarkozy dans une somptueuse villa prêtée par de généreux amis anonymes laisse comprendre qu’il s’agit là d’un mode de relations, d’échanges entre sphères du pouvoir politique et économique.
 


Les affaires aiment le secret des alcôves. Dans ce milieu on n’aime pas que des petits juges viennent mettre leur nez. On compte alors sur ses relations politiques pour donner des instructions et faire rentrer dans le rang, à coups d’opportunes promotions, les fonctionnaires trop zélés. Dans ce combat inégal, la délation, la lettre anonyme est souvent l’une des rares armes qui permet de faire émerger des pratiques illicites. Valable pour lutter contre le terrorisme, la méthode deviendrait inacceptable lorsqu’il s’agit de la haute finance.
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